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SUCRE : AMI OU ENNEMI ?

ALLEGE, LIGHT, FAUX SUCRE :
ATTENTION DANGER ENNEMI !

 

 

 

  C'est la cohorte, l'invasion des produits sucrés à tous niveaux dans l'alimentation, qui nous oblige à y voir plus clair et à étudier ce fléau.
   
   
aaaaaaaaaaaaaaaa I Le sucre et son histoire
   
  Si depuis toujours, les hommes ont consommé du sucre, ce n'était pas celui issu de la canne à sucre ou de la betterave, mais le sucre du miel ou des fruits.
   
  La canne à sucre (saccharum officinarum)
 

Ses origines se situent en Nouvelle-Guinée (Océanie) entre le 10e et le 5e siècle avant notre ère. Le mot sucre vient successivement d'appelation arabe, puis grecque, passant par le mot "sakkharon" d'où saccharose, saccharine.
Le sucre de la canne à sucre se développe au 12e siècle en Europe. Il était très présent dans les préparations pharmaceutiques ou pour rendre les sirops agréables (chez les apothicaires) et était à un prix très élevé.
A la fin du 15e siècle, c'est le Portugal qui prédomine dans le commerce du sucre au lieu de l'Italie. La découverte de Madère, au climat favorable permet aux portugais de progresser (culture de la canne à sucre, raffinerie) avec de la main d'oeuvre de condamnés, de juifs qui refusaient de se convertir.
A la fin du Moyen-Age, le sucre n'était pas seulement un commerce pour les apothicaires, mais il devient un aliment, un ingrédient servant pour la cuisine (fruits confits, confitures). Sa consommation ne connut un véritable essor qu'à partir du 17e siècle, au moment où les européens se passionnent pour 3 nouvelles boissons :
- le chocolat
- le café
- le thé
Les principaux importateurs du sucre en Europe à la fin du 18e siècle sont l'Angleterre et la France.
La consommation anglaise était déjà bien supérieure à celle des français. En chiffre pour l'Angleterre, début du 19e siècle : 2 kilos par habitant et par an ; 6,7 kilos fin 18e siècle et 9 kilos début du 19e siècle et à la fin de ce siècle, plus de 40 kilos par habitant et par an.
Pour la France, ils ne consommèrent pas plus de 1,2 kilos fin du 18e siècle et 15 kilos à la fin du 19e siècle.
La révolte des esclaves suivie de l'abolition de l'esclavage en 1793, les guerres de la révolution ouvrirent la porte à l'ère de la betterave.

   
  Le sucre de betterave (beta vulgaris)
 

Suite aux travaux du chimiste allemand Andreas Sigismund Marggrof en 1747, il a été démontré que les cristaux de sucre de la betterave sont les mêmes que ceux de la canne à sucre.
La France est le 1er producteur mondial de sucre de betterave aux environs de 1812, encouragée par Napoléon. En 1900, le sucre de betterave représente plus de la moitié de la production mondiale. Ce fut des guerres, des crises qui permirent au sucre de canne de revenir et aujourd'hui, malgré des polémiques entre le rôle et la valeur du sucre, le sucre de canne a repris la 1ère place avec les 3/4 de la production mondiale (environ 120 millions de tonnes).
L'Union européenne et le Brésil en sont les principaux producteurs : avec Beghin Say en France et Tate and Lye en Angleterre. L'Australie, la Thaïlande, Cuba, l'Ukraine et le Guatemala arrivent après.
La France est le premier exportateur de l'Union européenne de sucre de betterave.

 
 
II Les différents types de sucres et l'évolution en données chiffrées de leur utilisation
 
1) Les différents types de sucres
  a) sucres simples dits sucres "rapides"
 

Leur goût sucré est perceptible.
Notre corps a besoin d'aliments, de substances pour fabriquer du glucose. Comme le sucre de table (saccharose), le lactose présent dans le lait, le fructose présents dans les fruits qui sont des substances donnant du glucose rapidement. Selon les autorités chargées de la santé publique en Europe : les sucres simples ne doivent pas dépasser 10 % de l'apport calorique quotidien (soit 50 à 70g par jour et par adulte)

 

1g de sucre = 4 calories

   
  b) sucres complexes dits sucres "lents"
 

Pour l'essentiel, ce sont les amidons (pain, pâtes, riz, pomme de terre), appelés aussi céréales, féculents et les fibres présentes dans les végétaux. Dans une moindre mesure les fruits peuvent apporter des sucres complexes. 50 à 55 % des apports caloriques apportés dans une journée doit l'être avec des sucres complexes. Il faut privilégier les aliments complets comme le pain, le riz, les céréales, les pâtes, le sucre de préférence biologique qui apportent plus de sucre lent et de micro-nutriments (oligo-éléments, vitamines, minéraux, fibres...)

 
2) L'évolution de nos habitudes alimentaires en données chiffrées.
 

La consommation de "sucres rapides" depuis 1900 a doublé. En 40 ans, notre alimentation a subi de profondes évolutions. Notamment dans notre manière de boire : sodas, coca, limonades, jus de fruits sucrés, soft drinks... et de manger : bol de céréales sucré, barres, yaourts aux fruits...

 

ANNEE

CONSOMMATION
par an et par habitant
(dans les pays industrialisés)
1880
8 kg
1900
17 kg
1930
30 kg
1965
40 kg
1980
36 kg
2000
35 kg
 

Le sucre est omniprésent, comme le sel d'ailleurs, dans notre nourriture. Ainsi, selon l'INSEE, les ventes de produits sucrés (pâtisseries, confiseries, glaces, chocolats, biscuits, biscottes, boissons) ont fait un bond de 300 % ces 40 dernières années. L'utilisation de sucre dans les desserts lactés a doublé entre 1983 et 1992.

   

 

a) progression constante depuis l'après-guerre (1945) de consommation de calories vides
 

Les ventes pures de sucre, ont baissé pendant ces 40 ans. Mais comme le sucre est présent partout, nous en consommons sans le savoir, avec les nouveaux conditionnements : yaourt sucré, yaourt aux fruits, gâteaux tout faits, barres... Même si vous vous dites : " je suis persuadé de consommer beaucoup moins de sucre qu'autrefois, car je me prive, je le remplace par des édulcorants de synthèse". Vous avez entièrement raison, la consommation de sucre directe a tendance à diminuer. Mais la consommation indirecte de sucre caché est en pleine expansion. En 1997, la part du sucre caché était de 58 %, en 1985 de 65 % et aujourd'hui, elle est de plus de 70 %.

 

SODAS
8,3 litres par personne en 1950
38,3 litres par personne en 1995
+ 31 % de 1993 à 1997.

 

GLACES ET DESSERTS GLACES
1 kg par personne en 1960
14 kg par personne en 1995
+ 14 % entre 1960 et 1995.

   
 

PATISSERIES ET VIENNOISERIES INDUSTRIELLES
+ 116 % de 1993 à 1997.

 
b) les causes de cette progression.

la mode n'est plus à l'eau mais au coca-cola, au soda, à la limonade, au thé glacé, au jus de fruit sucré. Pour pallier à ce constat, les industriels d'eau minérale proposent maintenant des eaux aromatisées et sucrées.
les intérêts financiers des industriels du sucre faussent les recommandations.
l'urbanisation permet à un grand nombre d'avoir accès à toutes les nouveautés et d'être plus influencé par les publicités.
l'augmentation des revenus permet l'achat "plaisir" par rapport à l'achat "utilité". Entre 1962 et 2000, c'est surtout dans les pays sous-développés et moyennnement développés que l'on a observé l'augmentation la plus spectaculaire des calories liée au sucre.

 
 
III Des produits avec leur équivalence en sucre et les besoins en sucre pour un adulte
 
1) Produits et équivalence en sucre
  Canette de coca (330 ml) = 6,1 morceaux de sucre blanc

Glace Nestlé Maronsui's = 5,8 morceaux de sucre blanc

Barre Mars glacée = 5,7 morceaux de sucre blanc

Ketchup Amora ou Heinz = 4,4 morceaux de sucre blanc

Pot de St Mamet Délice de pêches = 3 morceaux de sucre blanc
   
  2) Analyse comparative du sucre blanc, du sucre roux et du sucre complet
   
 

ANALYSE COMPAREE DES 3 SUCRES, BLANC, BRUT ET COMPLET

Pour 100 grammes

 
SUCRE BLANC
SUCRE BRUT (roux)
SUCRE COMPLET
saccharose
99,60 g
96 à 97 g
75 à 88 g
glucose
0g
0 à 1 g
2 à 9 g
fructose
0 g
0 à 1 g
3 à 10 g
eau
0,05g
1 à 2 g
2 à 4 g
SELS MINERAUX      
potassium (K)
3 à 5 mg
15 à 150 mg
600 à 1000 mg
magnésium (Mg)
0 à 5 mg
13 à 23 mg
60 à 130 mg
calcium (Ca)
10 à 15 mg
75 à 95 mg
40 à 110 mg
phosphore (P)
0,3 à 15 mg
3 à 4 mg
14 à 100 mg
fer (Fe)
0,1 à 15 mg
0,5 à 1,3 mg
4 à 40 mg
VITAMINES      
provitamine A
0 mg
0 mg
3,9 mg
vitamine B1
0 mg
0,01 mg
0,14 mg
vitamine B2
0 mg
0,0006 mg
0,14 mg
vitamine B6
0 mg
0 mg
0,4 mg
nicotylamide
0 mg
0,03 mg
0,19 mg
panthoténate de calcium
0 mg
0,02 mg
1,18 mg
vitamine C
0 mg
0 mg
38 mg
   
  a) les besoins en sucre pour un adulte
 

Pour un adulte, par jour :
9 à 13 morceaux de sucre, soit 50 à 70g par jour
1 cuil. à café de sucre
= 6 g

   
   
  IV Les conséquences, les dangers de cette progression de consommation de sucre blanc ou d'édulcorant
   
 

Nous ne voulons pas vous alarmer, mais vous donner des informations pour vous montrer et vous dire d'être vigilant face à ce phénomène qui peut devenir un fléau.

Face à ce nouveau mode d'alimentation où le sucre est omniprésent, on constate :
des déficiences en différentes vitamines (B6, B9, C, D), en fer et calcium. Car le sucre donne la sensation de satiété malgré un vide en micro-nutriments.
une source d'ostéoporose : une densité moindre des os qui sont ainsi fragilisés par son effet acidifiant.
une augmentation des triglycérides et du mauvais cholestérol (graisses dans le sang)
une augmentation des maladies cardio-vasculaires (avec une croissance des triglycérides et du mauvais cholestérol), contrairement à ce que l'on peut penser, le sucre se transforme en graisse une fois ingéré.
une augmentation de l'obésité (plus on mange de sucre, plus on veut en manger...). L'augmentation la plus alarmante a été observée par le Conseil Européen de l'Information sur l'Alimentation.
En Europe, l'augmentation se situe entre 10 % et 40 % en 10 ans pour les adultes.
En Grande-Bretagne, entre 1995 et 2002, l'obésité a doublé chez petits garçons de moins de 16 ans, un garçon sur 5 et une fille sur 4 est en surcharge pondérale.
Aux Etats-Unis, 60 % des habitants sont en surpoids.
une augmentation du diabète type 2 (non insulino-dépendant). Pour tous âges confondus, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMG) prévoit une progression de 40 % des cas de diabète de type 2 en France entre 1995 et 2025.
certains cancers (tumeurs du pancréas, du colon ou de l'endomètre chez la femme), car l'insuline sécrétée en grande quantité devant une surconsommation de sucre aide à la multiplication des cellules cancéreuses.
une augmentation de caries dentaires. Le Docteur Max-Henri Beguin put vérifier une diminution de 50 % des caries dentaires entre 1939 et 1945 (période de rationnement mettant en évidence la baisse simultanée des caries et de la consommation de produits raffinés sucrés).

   
   
  V Que faire ?
   
  1) Ne plus consommer de sucre blanc et d'édulcorant comme l'aspartame
  Le sucre blanc est pauvre en micro-nutriments.
   
  2) Lisez très attentivement les étiquettes
   
  3) Ouvrez grande vos poubelles
 

N'hésitez pas, l'aspartame (édulcorant de synthèse) est omniprésent dans : les sucrettes, plus de 5000 produits alimentaires ou pharmaceutiques, dans 90 pays du monde.

   
  4) Méfiez vous comme de la peste des mentions : "light", "allégé", "sans sucre"...
 

En effet, ces mentions sont souvent le lit d'édulcorants comme l'aspartame ou son cousin chimique le "glutamate monosodique" qui ont des effets secondaires nombreux. Par exemple, il a la triste capacité de détruire les neurones de notre cerveau.

   
   
  VI Choisir
   
  Choisissez parmi ce tourbillon de sucres, des sucres moins médiatisés mais bons pour votre organisme.
  1) Le miel
  Le miel est un aliment naturel ayant un pouvoir sucrant plus important que le saccharose (sucre de table) tout en apportant moins de calories.
   
  2) Le sucre de canne intégral ou complet
  Il faut choisir du sucre de canne intégral ou complet issu de l'agriculture biologique ou là vous trouverez : sels minéraux, vitamines et acides aminés. De plus, les études du Dr Beguin, pendant 30 ans, montrent une bien meilleure santé dentaire (moins de caries) en consommant du sucre complet plutôt que du sucre blanc ou roux. L'appellation "sucre roux" ne suffit pas (c'est du sucre blanc chauffé bien souvent).
   
  3) Le fructose
 

Issu des fruits ou du miel, il a un pouvoir sucrant supérieur au saccharose (1,2 à 1,8 fois de plus), mais a un index glycémique faible à valeur calorique identique (4 kcal par g). C'est un sucre simple qui se comporte comme un sucre lent.

   
  4) Le sirop d'érable
  40 l de sève d'érable = 1 l de sirop d'érable. C'est un édulcorant naturel, riche en fer, phophore, potassium et magnésium.
   
  5) La caroube
  C'est le fruit du caroubier (arbre originaire de Syrie), très riche en fibres et en calcium. Elle renferme aussi des tanins.
   

6) Le kitul
  La sève de kitul est riche en vitamines B1, B 12, C, en fer et en calcium.
   
  7) La mélasse noire
  La mélasse est un sirop très visqueux, contenant 40 à 50 % de sucre. Suivant ses origines, (betterave, canne à sucre...) son goût change.
   
  8) Le sirop d'agave
 

L'agave est une plante d'origine mexicaine. Ses feuilles donnent un sirop d'une qualité nutritive exceptionnelle (1,4 fois plus sucrant que le saccharose avec beaucoup moins de calories).

   
  9) Les sirops de céréales
  Les sirops de riz, de blé, de malt sont de bons édulcorants naturels. C'est une bonne alternative au sucre, dans les boissons chaudes, les desserts...
   
   
 
Vous trouverez tous ces sucres dans les magasins diététiques ou spécialisés, l'idéal est de varier les plaisirs.
C'est à VOUS de jouer !
   
 

Nous espérons que ces informations vont vous aider à changer vos hatibudes alimentaires face à l'invasion des produits sucrés... Devant un manque de clarté des étiquettes et face au marketing offensif, il n'est pas toujours aisé de choisir !

   
   
   
  Sources : "Que Choisir" n°403 - "Biocontact" nov 05 - "Quelle santé" oct 06


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