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Pesticides et métaux lourds :
que nous cache-t-on ?

 
 

Autisme, hyperactivité, échec scolaire; troubles obsessionnels de comportement, dépression : la liste des effets de l'intoxication aux métaux lourds est impressionnante. Il existe désormais un protocole alimentaire spécifique pour nous débarrasser de ces poisons afin de retrouver joie de vivre et santé.

 

L'homme de 3ème millénaire vit dans un monde de paradoxe : il peut vivre aujourd'hui dans le confort grâce à l'avancée de la technologie car tout est à sa disposition et pourtant il est de plus en plus démuni en véritables bonnes solutions pour guérir de nombreuses maladies qui l'assaillent.

Nous croulons sous une abondance alimentaire. L'hygiène n'a jamais été aussi prépondérante, l'instruction et la communication aussi accessibles. Nous n'avons jamais eu autant de médecins et autant de spécialistes dans chaque domaine de la médecine, autant vaccinés autant de médicaments à notre disposition. Les médecins n'ont jamais eu autant de technologies médicales à leur service : scanner, chirurgie par laser... Et pourtant nous trébuchons lamentablement sur les éléments de base comme les métaux lourds qui causent de graves pathologies. Aujourd'hui nous savons que le mercure est le plus redoutable des métaux lourds et pourtant il est introduit librement et légalement dans toutes sortes de vaccins et médicaments, amalgames dentaires, industrie. Quel paradoxe ! Pourtant l'étiquette sur chaque bouteille de mercure comporte une tête de mort. On croit rêver !

  Les métaux lourds
 

De nos jours le langage courant a vulgarisé le terme "métaux lourds", englobant à tort un grand nombre de métaux : mercure, plomb, nickel, cadmium, aluminium, bismuth, titane, cuivre, thallium, étain, etc. Le terme "métaux lourds" a été introduit historiquement au début du xxème siècle et ne comportait à l'époque que le mercure, le plomb et le cadmium. Depuis, leur toxicité a été abondamment démontrée ainsi que celle de nombreux autres métaux appelés "métaux traces" comme par exemple l'étain, le titane et l'aluminium ou le nickel qui peuvent également avoir des effets dévastateurs sur l'organisme quand ils y sont accumulés. Les métaux lourds, de part leurs charges positives, réagissent fortement avec les charges négatives des fonctions latérales de certains acides aminés des protéines, particulièrement la cystéine. Si certains autres métaux sont indispensables au fonctionnement enzymatique du corps, leur surcharge déclenche des réactions toxiques. Ces réactions les apparentent au mode d'action des métaux lourds, d'où leur classification "infidèle".

Les mélanges de métaux accentuent encore leur toxicité dans l'organisme. Les pathologies engendrées par les métaux lourds sont très souvent de nature dégénérative (diminution des facultés cognitives, Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques, épilepsie, etc.).
Les métaux lourds perturbent l'activité enzymatique : ils sont en effet chimiquement très réactifs
. Par exemple, le mercure, le plus réactif d'entre eux, prend la place des oligo-éléments essentiels aux enzymes, au niveau des cellules. Cette substitution a pour effet d'inhiber ou d'inactiver de nombreuses enzymes.
Le zinc, le calcium, le sélénium, le magnésium, le fer, comme les autres oligo-éléments, ne sont pas toxiques, sauf à des concentrations élevées (surtout le fer) quand ils ne sont plus utilisés correctement par les cellules. Ils jouent un rôle de catalyseurs dans beaucoup de fonctions enzymatiques. Le catalyseur est le démarreur du moteur enzyme : sans le catalyseur, pas de démarrage et donc pas d'activité enzymatique. Cela devient grave quand par exemple l'enzyme en question joue un rôle essentiel dans la dégradation du gluten, de la caséine ou d'autres aliments. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'un aliment non toxique qui n'est plus métabolisé correctement devient toxique pour l'organisme.

   
  Le MERCURE (Hg)
 
Le mercure s'appelait autrefois hydrargyre ("argent liquide") d'où son symbole Hg. Des gisements de mercure paraissent avoir été connus dès l'Antiquité par les Phéniciens. Ils ont été exploités ensuite par les Grecs, puis par les Romains et, au Moyen Âge, par les Arabes. Les sels de mercure répondaient à bien des indications et un certain nombre étaient utilisés en thérapeutique. Il se présentaient sous toute les formes : pilules, sirop, solutions et pommades. Au XVIIIe siècle, le cyanure de mercure était utilisé comme antisyphilitique. Au début de notre siècle, des médecins ont crié au danger et tiré la sonnette d'alarme lorsque les dentistes ont commencé à le mettre dans la composition des amalgames en bouche. Personne n'a vraiment voulu les écouter : soigner avec une bonne rentabilité était la priorité.
Les dégâts causés dans l'organisme par le mercure ont été découverts depuis de nombreuses années. Prenons, par exemple, le désastre écologique et humain de la baie de Minamata, qui a commencé en 1932 par des versements intempestifs de méthyl-mercure dans les eaux de la baie. Les premières atteintes des personnes sont apparues 20 ans après : les symptômes étaient de grandes fatigues, des maladies de Parkinson, d'Alzheimer. Le plus dramatique fut lorsque des mères commencèrent à mettre au monde des enfants autistes, lourdement handicapés physiquement et mentalement. Il a été démontré que le mercure causé des mutations chromosomiques à la conception, celles-ci donnant des enfants atteints de troubles physiques et mentaux. Aujourd'hui, l'emploi du mercure se trouve dans les diverses branches de l'industrie et en médecine :
Sources possibles de mercure Effets sur la santé
  Combustion du charbon Troubles de fonctions cérébrales
  Thermomètres Asthénie
  Amalgames dentaires Troubles visuels
  Accumulateurs Paralysie
  Onguents et cosmétiques Convulsions
  Fongicides et pesticides Albuminurie
  Papier et adhésifs Lésions rénales
  Pellicules de films  
  Antiseptiques  
  Cire à parquet  
  Peinture à l'eau  
  Engrais chimiques  
  Lampe au néon  
 

Le mercure est souvent présent dans de nombreux médicaments (par exemple : Mercryl, Merfène, Dacryosérum). Ils sont retirés silencieusement un peu plus du marché chaque année ! Le mercure est utilisé comme conservateur dans les vaccins. De nombreux articles dans la presse, de témoignages de parents, font le lien entre l'administration de ces vaccins et, après une courte période, l'apparition des manifestations autistes post-vaccinales chez les enfants. Lors de son arrivée dans notre monde, le nouveau-né est accueilli avec une liste de différents vaccins qui va en s'allongeant d'années en années. Certains contiennent d'assez grandes quantités de Thimérosal ou éthyl-mercurithiosalicylate de sodium.
Le thimérosal est un agent de conservation à base de mercure utilisé dans le procédé de fabrication des vaccins et contenu dans certains flacons de vaccin à doses multiples afin de prévenir la croissance bactérienne et fongique et de stabiliser le vaccin de façon à en préserver l'efficacité dans le temps.
Les vaccins contenant du Thimérosal sont actuellement données avec désinvolture. Sur le marché, apparaissent des vaccins sans mercure. Il est donc très important de vous renseigner sur la composition des vaccins.

   
  Le PLOMB (Pb)
 

Les Romains et le saturnisme : l'intoxication par le plomb est connue depuis l'Antiquité !

L'analyse des os des victimes d'une éruption (en 79 après J.-C.) du Vésuve à Herculanum, près de Pompéi, a montré qu'ils contenaient du plomb. Le plomb était très utilisé par les Romains, qui s'en servaient pour leurs ustensiles de cuisine.
A l'époque gallo-romaine, l'Orge, l'Yvette et la Bièvre alimentaient en eau les habitations de Lutèce par des canalisations de terre cuite ou de plomb. D'ailleurs, certains historiens rendent le saturnisme responsable de la décadence de l'Empire de Rome.
De nos jours, on trouve toujours du plomb dans l'eau de nos robinets. La teneur en plomb maximale tolérée dans l'eau potable est de 50 microgrammes (µg) / l dans l'eau destinée à la consommation. Par sécurité, l'OMS préconise un taux de plomb de 10 microgrammes (µg) / l. L'Europe va être amenée à remplacer ses canalisations de distribution d'eau en plomb (directives européennes).
Quelques chiffres à propos du saturnisme des enfants : En France 150 000 à 200 000 enfants seraient exposés au risque du saturnisme lié à l'habitat vétusté, dont 50 000 à 60 000 environ seraient intoxiqués avec une plombémie trop élevée (selon les estimations du ministère français de la Santé).
Certaines peintures contiennent du plomb : celles de couleur orange et jaune contiennent du plomb ; la couleur blanche est fabriquée à partir de céruse (carbonate de plomb), zinc et titane.
D'ailleurs, certains artistes peintres souffraient de troubles de la vision et certains de démence...

N.B : Fumer augmente de 25% l'absorption de plomb et de cadmium. Une cigarette détruit 25 microgrammes (µg) de vitamines C.

 
Sources possibles de plomb Effets sur la santé
  Gaz de voitures Anémie
  Peinture à base de plomb Colique
  Pollution dûe aux fonderies Fatigue
  Conduites d'eau en plomb Convulsions
  Eau du robinet Hyperkinésie
  Piles et accumulateurs au plomb Psychose
   
  Le CADMIUM (Cd)
 

Cet élément était autrefois extrait de la cadmie (calamine) dans la cité grecque de Cadmos, près de Thèbes, d'où son nom. Pontin l'y découvrit en 1808, et il fut préparé par F. Stromeyer en 1817. L'oxyde de cadmium, jaune brun, est usité dans la décoration des porcelaines. Le sulfure de cadmium, jaune clair, est employé en peinture et en caoutchouterie. L'iodure de cadmium sert en photographie à sensibiliser les plaques. Le cadmium entre dans la composition de nombreux alliages pour les soudures, brasures, et sert à la fabrication de certaines batteries. Mais ses principales utilisations et celles de ses composés concernent les revêtements anticorrosion. Ses vapeurs et ses sels sont très toxiques; il ne doit pas entrer en contact avec les matières alimentaires.

 
Sources possibles de cadmium Effets sur la santé
  Fonderie de zinc, plomb et cuivre Lésions rénales
  Eau de boisson Artériosclérose
  Particules de pneu Bronchite chronique
  Farine blanche Emphysème
  Incinération de caoutchouc,
de plastique et de colorants
Ostéomalacie
 

Huile de moteur,
Engrais phophatés,
Cigarettes

Cancer broncho-pulmonaire
 
 
   
  LES PESTICIDES : de nombreuses familles de produits différents
 

La France est, avec les Pays-Bas, le pays d'Europe où les aliments d'origine végétale sont les plus contaminés par les résidus de pesticides, vivement la généralisation de la bio !
Avant la deuxième guerre mondiale les pesticides employés en agriculture étaient des dérivés de composés minéraux ou de plantes. Ainsi, on utilisait des composés d'arsenic, de cuivre, de zinc, de manganèse, de plomb... ainsi que du pyrèthre, de la roténone, du sulfate de nicotine...
Au cours de la première guerre mondiale le chlore et d'autres gaz chlorés, tel le tristement célèbre gaz moutarde, furent utilisés comme armes chimiques de guerre. L'effort de développement de ces armes chi- miques mit en évidence les propriétés insecticides de certains de ces composés chlorés. Cette découverte ne fut pas due au hasard : les insectes étaient largement utilisés pour tester les capacités de ces composés chimiques à tuer des hommes ! Ainsi en 1937 les propriétés insecticides du DDT furent mises en évidence et utilisées pendant la guerre sur les troupes alliées pour contrôler les insectes parasites.
Une nouvelle famille de pesticides venait d'être créée : les organochlorés. Pour la plupart interdits dans les pays industrialisés, les organochlorés ont maintenant été remplacés par d'autres familles de pesticides.

Parmi les insecticides, les plus anciens et les plus nombreux sont les organophosphorés. Ils ont en général une toxicité aiguë plus élevée que les organochlorés, mais ils se dégradent beaucoup plus rapidement. Les organophosphorés ont en commun leur mode d'action sur le système nerveux.
Ils déstabilisent la neurotransmission et peuvent produire chez l'homme des contractions involontaires des muscles, des convulsions, la paralysie et, à l'extrême, la mort. Dans cette catégorie citons le Bromophos, le Dianizon, le Malathion, le Phosmet, le Dichlorvos, etc.
Plus récemment sont apparues les pyréthrinoïdes de synthèse. Leur composition se rapproche de celle du pyrèthre naturel, mais ce sont en réalité des pesticides chimiques comme les autres. C'est aujourd'hui la famille d'insecticides la plus utilisée. Parmi les autres familles d'insecticides commercialisées, signalons les carbamates, les carbinols, les sulfones, les sulfonâtes, et quelques autres.

Les fongicides : jusqu'à la seconde guerre mondiale, on luttait contre les maladies des plantes principalement avec de la bouillie bordelaise (un mélange de sulfate de cuivre et de chaux) et du soufre. Ces produits sont encore utilisés de nos jours, mais ils ont été largement supplantés par les fongicides de synthèse. Il en existe de nombreuses familles.

Les herbicides : alors que la consommation des insecticides et des fongicides a tendance, dans les pays
industrialisés, à stagner, celle des herbicides continue à augmenter régulièrement. Ce sont eux que l'on retrouve le plus régulièrement dans l'eau et dans l'air. Il en existe de très nombreuses familles :
les phénols nitrés, les benzonitriles, les carbamates, les urées substituées, les amides, les triazines (dont fait partie la trop célèbre atrazine), les ammoniums quaternaires, les sulfonurées, etc. Le plus célèbre d'entre eux, et le plus vendu dans le monde, est le glyphosate, plus connu sous le nom de Round Dp.
Des molécules de plus en plus largement utilisées. Malgré des discours qui se veulent rassurants, les pesticides sont de plus en plus largement utilisés en France et en Europe.
Au fur et à mesure de l'emploi massif de ces différents insecticides, herbicides et fongicides, de nombreuses espèces d'insectes nuisibles, d'herbes concurrentes ou d'organismes pathogènes sont d'ailleurs devenues résistantes au fil du temps. Nous assistons à une course sans fin entre le chimiste qui crée de nouveaux produits, de plus en plus puissants, et la nature qui s'adapte !

L'emploi massif des pesticides a pour conséquence la contamination généralisée de notre environnement.
Les eaux de surfaces sont très fréquemment polluées : une enquête de l'Ifen (Institut français de l'environnement) montre que l'atrazine et le glyphosate (principe actif du Round Dp) apparaissent comme les pesticides les plus fréquemment trouvés.
Les eaux souterraines sont également extrêmement touchées.

 

Les pesticides pulvérisés sur les cultures n'atteignent pas en totalité leur cible, loin s'en faut. On estime que lors de la pulvérisation 25 à 75 % des quantités appliquées partent dans l'atmosphère, ce qui entraîne une contamination de l'air, des brouillards et des pluies. Entre 1995 et 1996, l'Inra de Rennes a installé des stations de mesure de pesticides dans les eaux de pluie. Les résultats furent accablants : presque tous les échantillons contenaient des molécules actives et 60 % d'entre eux dépassaient les 0,1g/l, Concentration Maximale Admissible (CMA) pour l'eau de distribution ! Les brouillards sont aussi touchés, à des teneurs encore supérieures à celles des eaux de pluie : jusqu'à 14 g/l, soit 140 fois la CMA de l'eau potable.
Nos aliments sont tout aussi logiquement contaminés par ces pesticides. Ainsi, une étude réalisée par la direction Santé Consommation de l'Union européenne réalisée dans les pays de l'Union sur des échantillons prèlevés en 1999 et publiée en 2001 révèle que près de 50 % des échantillons français de fruits et légumes analysés contenaient des résidus de pesticides. Plus de 8 % en contenaient à une quantité supérieure aux maxima admissibles et plus de 22 % des échantillons en contenaient plusieurs (de 2 à 8 différents !). Les pesticides sont aussi présents dans toutes nos habitations, qu'ils proviennent de l'extérieur ou qu'ils soient utilisés dans la maison.

  Nos organismes sont imprégnés de pesticides !
 
La contamination généralisée de l'environnement et de la nourriture par les pesticides rend inévitable la contamination de l'être humain par ces substances. Les plus persistants des pesticides, les fameux POPS (Polluants organiques Persistants) sont présents dans nos organismes sur tout le globe, y compris chez les Inuits.
L'ensemble de la population semble contaminé par les pesticides organophosphorés, insecticides pourta
nt non persistants. Les pyréthrinoïdes, autres insecticides, sont trouvées dans les urines des deux tiers des personnes étudiées en Allemagne, etc.
Ces résidus sont trouvés dans les graisses, le sang, le sperme et, plus grave encore, dans le lait maternel et dans le liquide amniotique dans lequel baigne le fœtus !
Le fœtus est donc contaminé in utero par les pesticides ingérés par la mère et le nouveau-né augmente sa contamination en ingérant les résidus de pesticides contenus dans le lait maternel ! Cette contamination précoce peut être lourde de conséquences car elle intervient à un stade où elle peut perturber le développement du petit être humain.
  Des conséquences graves pour la santé
 
Les intoxications aiguës (empoisonnements, atteintes dermatologiques ou catastrophes comme celle de Bhopal) sont les conséquences les plus spectaculaires de l'exposition intense aux pesticides.
L'OMS (Organisation mondiale de la santé) évalue à 20 000 le nombre de décès dus aux pesticides chaque année dans le monde ! Ces accidents sont particulièrement fréquents dans les pays en voie de développement où l'on emploie les pesticides les plus dangereux (le plus souvent interdits en Europe et aux Etats-Unis) sans précaution et où il existe des stocks importants de pesticides obsolètes exportés par les pays développés.
L'exposition à de faibles doses de pesticides semble également dangereuse à long terme. En effet, de nombreuses enquêtes épidémiologiques, réalisées dans le monde entier (Europe, Etats-Unis...) montrent que l'exposition professionnelle ou environnementale à ces pesticides est associée à un risque accru de développer certains types de cancer, à une baisse de la fertilité masculine, à des perturbations du système hormonal, à des problèmes immunitaires, des malformations congénitales...
  Comment supprimer cette nuisance ?
 

Pourtant, on peut se passer de pesticides, l'agriculture biologique le prouve, et il ne faut consommer, dans la mesure du possible, que des produits qui en sont issus. Mais une alimentation bio ne met pas la santé complètement à l'abri des pesticides, à cause de la pollution générale de l'environnement. Pour ne plus être empoisonnés, même indirectement, il faut supprimer l'emploi des pesticides. Cette tendance se développe dans certains pays, où la part de l'agriculture biologique va croissant.
Les partisans de l'agro-alimentaire intensif répondent que l'on ne pourrait plus parvenir à nourrir tout le monde, à cause du rendement plus faible de l'agriculture bio.
Mais ce rendement, effectivement inférieur en quantité, est bien supérieur en qualité. Or, dans les pays "riches", on mange trop, et des produits malsains.
Consommer plus naturel, mais en moindre quantité ne pourrait qu'être bénéfique à la santé publique. Et l'on disposerait encore d'excédents pour aider les peuples du Tiers monde à se nourrir !
D'autant que dans ces pays, les techniques bio permettraient de développer une culture diversifiée capable, à terme, d'assurer une alimentation suffisante aux populations locales, sans épuiser les sols ni les empoisonner avec de coûteux pesticides...
C'est un programme tout à fait réalisable, à condition d'axer la production davantage sur la culture, notamment de légumineuses, et moins sur l'élevage, donc de changer les habitudes alimentaires en mangeant moins de viandes, ce qui est bénéfique pour la santé. En outre on peut limiter fortement le nombre des parasites nuisibles par des procédés naturels et non chimiques.

  La protection naturelle des cultures
 

La culture industrielle est une cause importante de la pollution des insectes et autres organismes ravageurs. Quand la même plante est cultivée seule sur des kilomètres carrés, la prolifération des insectes qui se nourrissent exclusivement ou préférentiellement de ce végétal s'en trouve grandement facilitée. De même, les autres parasites spécialisés peuvent facilement ravager les cultures ; une forte densité de population sensible à un germe favorise toujours les épidémies. C'est pourquoi l'emploi de pesticides est indispensable quand on utilise de telles méthodes de culture.
Si l'on alterne les petites parcelles de variétés végétales différentes, ou mieux, si l'on cultive ensemble plusieurs espèces, les parasites, ralentis dans leur multiplication, provoquent moins de pertes dans les cultures. On peut même parsemer les champs avec des plantes qui ont un effet pesticide naturel, comme celles qui produisent des pyrèthrcs. Circonstance aggravante, en agriculture industrielle, les végétaux sont issus d'un petit nombre de lignées, longuement sélectionnées en vue d'un rendement
maximal. Ces plantes, en quelque sorte dégénérées, ont perdu une grande partie de leurs défenses naturelles contre les parasites, d'autant que les générations successives ont été cultivées en présence d'une grande densité de pesticides.
Il faut donc rétablir la biodiversité en utilisant un grand nombre de lignées, même moins productives, et au besoin, en croisant ces lignées avec des variétés sauvages ou semi-sauvage.
Une démarche tout à fait opposée à celle des multinationales qui modifient chimiquement le patrimoine génétique des OGM, au risque d'engendrer des catastrophes biologiques imprévisibles.
Il faut aussi rétablir dans les champs un ecosystéme, avec toute sa complexité, c'est-à-dire un ensemble d'espèces végétales, animales, comprenant aussi des souches de bactéries et de moisissures qui tuent ou parasitent les espèces nocives, et favoriser la multiplication d'insectes carnivores, comme les coccinelles pour former une combinaison favorable aux végétaux alimentaires mis en culture.
Ces méthodes de culture sans pesticides mais avec un bon rendement, loin de faire appel à des méthodes archaïques et pénibles, nécessitent beaucoup de soins, de connaissances et d'efforts de recherche.
L'agriculture bio doit s'appuyer sur les progrès des connaissances scientifiques, mais d'une science beaucoup plus globaliste, cherchant a comprendre la nature plutôt qu'à la transformer en usine chimique. L'expérience des anciens et des procédés simples, issus de l'observation, sont aussi efficaces : ainsi, un arrosage à l'eau chaude peut suffire à débarrasser les feuilles de certains champignons qui les parasitent.

  CHU de Montpellier - Malformations du sexe des bébés : une étude scientifique accuse les pesticides
 

En 2002, 25 nouveaux-nés garçons malformés à la maternité Clémentville à Montpellier. Face à la progression inquiétante du nombre de bébé garçons arrivés avec une malformation génitale dans son service d'endocrinologie pédiatrique, au CHU de Montpellier, face à l'apparition de pubertés de plus en plus précoces chez les filles, le professeur Charles Sultan mettait en cause les pesticides, soupçonnés de copier l'activité des hormones femelles - les oestrogènes- ou d'annihiler l'action des hormones mâles, les androgènes. L'équipe du professeur Sultan a engagé avec le soutien de l'Europe une étude épidémiologique sur le sujet : 2043 naissances ont été suivies à la maternité montpelliéraine Clémentville, dont la moitié (1033) de garçons. Vingt-cinq ont une malformation : 4 micropénis, 12 cryptorchidies, 7 hypospadias, 2 pseudo-hermaphrodismes.
Bilan : "Il existe une augmentation de la prévalence des malformations génitales du garçon. Les taux sont dix fois supérieurs aux données habituelles, cent fois plus pour le pseudo-hermaphrodisme. C'est énorme. " s'inquiète le professeur Sultan, d'autant que "l'étude a été menée dans une maternité qui n 'accueille pas de grossesses a risques ".
Autre constat : parmi ces 25 enfants, 8 d'entre eux (32%) avaient un parent agriculteur particulièrement exposé aux pesticides. Dans un échantillon témoin de 50 enfants "normaux" tiré parallèlement au sort, seulement 4 avaient des géniteurs plus exposés. Des analyses plus poussées sur le pseudo- hermaphrodime montrent une activité biologique anormalement élevée des œstrogènes.

Conclusion :
Cette étude nous montre une nouvelle fois que la France grand consommateur mondial de pesticides n'est pas épargné par cette dramatique pollution. Avec 1,7 % de la surface agricole utile en bio soit 98,3% des
surfaces en agriculture polluante en ajoutant les jardins des particuliers, les espaces verts... la France est le plus mauvais élève de l'Europe. Une évolution des consciences dans ce pays est encore nécessaire !
Tous les citoyens conscients doivent se mobiliser pour sortir la France
de cette impasse, cette mobilisation passe par une évolution dans nos comportements sur le plan de nos modes de vie, de production et de consommation. Cette évolution doit s'accompagner d'une action dans
le domaine collectif de la "gestion de la cité". Il est nécessaire que des objectifs ambitieux et des moyens conséquents soient discutés et définis démocratiquement pour avancer vers une décroissance rapide de
l'utilisation des pesticides et donc d'un développement plus rapide de l'agriculture biologique et paysanne. Il serait évidemment possible qu'en 10 ou 15 ans l'agriculture biologique et donc durable soit le mode de production agricole majoritaire en France. Cela paraît encore énorme, mais pourtant cela sera possible lorsqu'une majorité de citoyens de ce pays le décidera.

   
  Un appel contre l'utilisation des pesticides :
 
Au salon de l'Agriculture s'est déroulée une conférence de presse en présence de Philippe Desbrosses, agriculteur bio, expert auprès de la Commission européenne et président d"Intelligence Verte", le professeur Dominique Belpomme, cancérologue à l'Hôpital Georges-Pompidou à Paris, Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement, M. Sirven, président des Apiculteurs Français, et enfin François Veillerette, auteur du livre "Les pesticides, le piège se referme" (Ed. Terre Vivante). Tout d'abord, cette conférence de presse a subi des pressions pour qu'elle ne puisse pas avoir lieu. Effectivement, le président des Apiculteurs Français comptait déjà annoncer la déposition d'une plainte contre l'actuel ministre de l'Agriculture, qui avait illégalement autorisé l'écoulement de stocks de pesticides tels que le Régent ou le Gaucho, qui n'avaient pas reçu d'autorisation de mise sur le marché, et qui sont responsables de la mort de quantité d'abeilles.
Le professeur Belpomme, lui, a dénoncé les pesticides comme facteurs prépondérants dans la genèse de cancers liés aux dégradations de l'environnement. Selon lui, nous en respirons même dix fois plus que nous n'en consommons par l'alimentation. Philippe Desbrosses, agriculteur bio, a expliqué que les pesticides sont employés sous la pression des entreprises de pétrochimie, et que ce sont ces entreprises-là qui constituent le principal frein au dévelopement des solutions biologiques en agriculture. La question de la disparition des abeilles à cause du Régent et du Gaucho implique que nous devons choisir entre une agriculture respectueuse de l'environnement et une agro-industire destructrice. Il semble que ces deux modèles ne peuvent en réalité pas du tout cohabiter.
   
 

Deux références utiles en complément de ce dossier :
- effets des métaux lourds sur l'environnement et la santé (rapport du Sénat par Gérard Miquel) : http://www.senat.fr/rap/l00-261/l00-261.html
- Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures : http://www.mdrgf.org
Vous pouvez aussi vous procurer le livre de François VEILLERETTE : "Pesticides, le piège se referme", éditions "Terre Vivante".

  Sources : "Biocontact", "La vie naturelle", "Pluriel nature".

 


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