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Forme, moral et hiver...

Nous oublions souvent à quel point nous sommes liés, intimement liés, au déroulement des rythmes de l'univers, de la Nature. Notre "horloge biologique" nous fait avoir faim à peu prés aux mêmes heures, nous donne le sommeil le soir et pour un peu, si nous l'écoutions, nous ferait dormir après le déjeuner ! Nous avons conscience des cycles solaires, lunaires et terrestres, voire des planètes et des étoiles. Les marées, les saisons, les manifestations météorologiques, tout cela fait partie intégrante de notre vie.
Mais quand, au coeur de l'hiver, s'installe un état dépressif, qui n'est pas toujours identifié comme tel, la cause en est parfois difficile à déterminer. En dehors de celles qui sont, soit récurrentes, soit liées à des causes plus profondes, cette dépression qui vous tombe dessus en hiver, sans cause apparente, est tout simplement due au manque de lumière !


Une déprime feutrée


Cette dépression que les médecins qualifient, à juste titre, de saisonnière, on la prend parfois pour de la fatigue. Sous la poussée des exigences de la vie moderne, on se "secoue" en se forçant à passer outre, souvent on n'en parle même pas. Mais vivre en permanence avec cette baisse de vitalité, cet appétit de vivre diminué et cette tristesse latente crée un inconfort, un malaise qui chaque année, font maudire l'hiver et souhaiter, comme les marmottes, s'endormir jusqu'au printemps.
La dépression saisonnière ne s'apparente pas à ces troubles psychiatriques graves comme le syndrome maniaco-dépressif. Ce n'est pas une dépression sévère, de sorte que parfois, elle échappe au diagnostic. De plus, on n'en souffre pas forcément tous les ans, ce n'est pas une fatalité. Elle est évidemment favorisée par une dépression vraie antérieure, un anniversaire de deuil, des soucis professionnels, ou encore la convalescence d'une lourde maladie. Pour le praticien traitant, il s'agit donc de faire la part des différents facteurs pour isoler celui qui reste lié à la saison. Bien que cet état dépressif particulier n'induit pas de risque suicidaire, ce risque subsiste en cas de diagnostic erroné. D'où l'intérêt de consulter son médecin, pour plus de sécurité...
Incontestablement, les femmes sont plus exposées à la dépression saisonnière que les hommes, et cela dans les proportions notables de 3,5 femmes pour un homme, différentes de celles qu'on observe dans la dépression classique, soit 2 à 3 femmes pour un homme.
Le symptôme le plus important, ce qui n'est pas forcément le cas dans la dépression classique, est l'asthénie, c'est-à-dire une fatigue intense, accompagnée d'un manque d'intérêt général. En même temps, on souffre d'hypersomnie, d'envie exagérée de dormir, et ce sommeil trop abondant ne repose pas. De plus, un autre symptôme type de la dépression saisonnière est la prise de poids, ce qui, évidemment, n'est pas fait pour remonter le moral !
Le plus souvent, les premières atteintes se produisent vers l'âge de 25 ans et les crises s'enchaînent ensuite au fil des années.


Eté - hiver :
quelle différence ?


Or cet état est tout, sauf mystérieux. Car tous ces troubles sont dus à la diminution de la lumière naturelle. Les jours sont courts, et la lumière qu'ils diffusent particulièrement chiche. Un ensemble de phénomènes naturels est en cause : le soleil est bas sur l'horizon et la réfraction dans l'atmosphère diminue l'intensité de son rayonnement. De plus, en été, le soleil domine les toits des immeubles, qui le cachent en hiver, et l'on passe plus de temps à l'intérieur, ce qui aggrave encore la diminution de la lumière solaire. D'ailleurs, depuis quelques années, on remarque dans les grandes villes, particulièrement à Paris, un nombre de plus en plus important de gens attablés en terrasse, malgré le froid. Un besoin instinctif de trouver un peu plus de lumière ? Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En été, même en ville, la lumière extérieure naturelle peut atteindre 100 000 lux ; en hiver, elle ne dépasse pas 1500 lux, et dans la maison, 500 lux, au mieux, 550 près de la lampe ! Or, la régulation de nombre de fonctions de l'organisme, soumises à des rythmes, dépend de la lumière, la partie blanche du spectre solaire qui, par l'intermédiaire des yeux, plus exactement de ta rétine, véritable centre des informations visuelles, parvient ensuite au cerveau. Alors que les rayons UV n'ont pas d'action physiologique autre que sur la peau, avec, notamment, la sécrétion de la vitamine D, la lumière visible agit sur le métabolisme, le maintien de la température, le cycle circadien veille-sommeil, les sécrétions hormonales...
C'est pourquoi, quand la lumière baisse, la dépression guette.


La lumière vous manque,
on vous en donne


Un certain nombre de médecins, confrontés à cette bizarre déprime récurrente, a cherché à sortir de la classique prescription chimiothérapique pour recourir à des solutions thérapeutiques plus naturelles et douces, et surtout plus efficaces.
Lorsque la cause fut trouvée, et il fallait tout de même y penser, le traitement était évident : il suffit de redonner de la lumière à ceux qui en manquent ! L'efficacité de cette thérapie a permis de confirmer la cause de la dépression saisonnière.
Cet apport de lumière porte les doux noms de luminothérapie, luxthérapie ou encore photothérapie. Il est efficace et, de plus il agit vite : l'amélioration se fait sentir en quelques jours. Il permet à environ 20% des patients de guérir définitivement, tandis que 50 à 60% des autres passent l'hiver en gardant moral et entrain. Quant aux 20% qui, finalement, tombent dans une vraie dépression, ils ne représentent pas un échec du traitement. Chez ces malades existait déjà un état dépressif, que l'on peut avoir ignoré au diagnostic. Il se peut aussi, dans certains cas, que le médecin traitant ait voulu vérifier qu'il s'agit d'une forme plus grave de dépression.
Cette thérapie somme toute naturelle et sans risque peut vous changer la vie !


Pas d'automédication !

Mais attention, si vous êtes déprimé dès que tombent les feuilles, ou si quelqu'un de votre entourage souffre de ce syndrome, ne décidez pas qu'il s'agit d'une dépression saisonnière et que vous allez réagir et vous en sortir seul ! Le risque serait de passer à côté d'une pathologie due à bien d'autres causes. Toute personne réellement déprimée est forcément plus mal en hiver, c'est le lot de tous. L'ambiance hivernale entraîne une baisse d'énergie.
Mais la dépression vraie est une maladie grave, voire très grave. Elle empoisonne toute la vie, elle empêche la vie. Le déprimé n'a plus goût à rien, tout lui fait mal et ses rapports aux autres sont difficiles, voire inexistants. Il n'est pas heureux et ne rend pas heureux.
Enfin, le risque majeur est celui du suicide. L'idée suicidaire fait partie des symptômes de base de la vraie dépression, mais attention, elle n'est pas toujours exprimée, loin de là ! Une dépression négligée est un danger pour la vie.
Si vous êtes triste, découragé, mal dans votre peau, si vous avez subi un choix affectif, un deuil, si vous êtes en butte à des difficultés professionnelles ou financières, si les effets dévastateurs des ouragans de fin décembre vous ont particulièrement touché, adoptez une attitude prudente, consultez !
De même; si vous êtes persuadé de souffrir de dépression saisonnière, adressez-vous à un service spécialisé.

Une avancée importante contre les drogues légales

On sait que les Français sont les premiers consommateurs mondiaux par habitant de somnifères, "tranquillisants" et "antidépresseurs" sur ordonnances, et d'une autre drogue légale, l'alcool; pour le tabac, ils ne sont pas en reste.
Ce sont des médecins hospitaliers qui ont mis au point le diagnostic et le traitement par luminothérapie, médecine naturelle que bien des gens pratiquent en se rendant à la montagne, très ensoleillée en hiver.
Sous sa forme artificielle, c'est une thérapie non conventionnelle, puisqu'elle ne fait pas appel aux médicaments chimiques. Ce recours à la physique plutôt qu'à la chimie est une avancée significative que les fabricants d'appareils et instruments devraient soutenir en subventionnant les chercheurs, bien démunis face à l'industrie chimique, qui investit 12 milliards dans la "publicité indirecte", c'est-à-dire la propagande pour la chimiothérapie.

La Luminothérapie, comment et où ?

Jusqu'à ces dernières années, la dépression saisonnières était largement sous-diagnostiquée. Puis les services hospitaliers, mieux informés, se sont intéressés à cette manifestation récurrente du mal de vivre. Ils ont étendu la luminothérapie à d'autres indications telles que les troubles du sommeil dus au décalage horaire, les boulimies saisonnières, et même les dépressions non saisonnières, pour lesquelles elle constitue un complément de traitement. Ce traitement constitue à exposer chaque jour le patient à une lumière blanche (10 000 lux). Cette partie visible du spectre ne comprend pas les rayons UVA et UVB, elle ne présente donc aucun danger pour la peau. Les deux premières semaines, les séances se font à l'hôpital, quotidiennement, afin de déceler d'éventuels incidents secondaires, rares, et évaluer l'amélioration.
Ensuite on se traite à domicile, avec des appareils spécifiques qu'on peut soit louer, soit acheter, car le traitement doit se poursuivre tout l'hiver.

Les soins à domicile

L'exposition quotidienne à la lumière blanche intense dure cinq mois, à raison d'environ une demi-heure par séance. Il n'est pas nécessaire de rester immobile, ce qui serait fort déprimant. Avec un banc lumineux posé sur une table, on peut lire, coudre ou écrire, mais, surtout, sans lunettes de soleil ! La seule condition est de regarder très régulièrement, au moins une fois par minute, la source de lumière, car il faut que la rétine reçoive pleinement cette information lumineuse qu'elle transmet ensuite au cerveau.
Quant à la formule casque, dont la visière dispense la lumière, elle permet une plus grande autonomie, mais les conditions demeurent les mêmes. Les matériels sont vendus entre 304.90 et 457.35 euros environ, sur ordonnance, mais non remboursable par la Sécurité sociale. Une important multinationale de matériel électrique propose aussi un appareil en vente libre, sans ordonnance, destiné à aider aussi ceux qui travaillent la nuit ou subissent des décalages horaires.
Attention, comme toujours en matière de santé, la prudence est de rigueur. Il faut avoir la certitude de souffrir d'un "blues hivernal" et non d'une vrai dépression. Un diagnostic préalable est indispensable !

Une thérapie éprouvée
Avec maintenant plus de dix ans de recul, la luminothérapie a fait les preuves de son efficacité. Les incidents secondaires sont rares et peu inquiétants. Il s'agit surtout de maux de tête, de fatigue et de picotements oculaires, voire de légères insomnies. Ces réactions disparaissent généralement après quelques jours. La seule contre-indication possible est la maladie oculaire (cataracte, glaucome). A Paris, l'hôpital Sainte-Anne dispose d'un service spécialisé dans le traitement des dépressions saisonnières. Si vous habitez la province, le mieux est de vous renseigner soit auprès d'un médecin, soit directement à l'hôpital.


Source : "La vie Naturelle".




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