Jusqu'à ces dernières années, la
dépression saisonnières était largement sous-diagnostiquée. Puis les
services hospitaliers, mieux informés, se sont intéressés à cette manifestation
récurrente du mal de vivre. Ils ont étendu la luminothérapie à d'autres
indications telles que les troubles du sommeil dus au décalage horaire,
les boulimies saisonnières, et même les dépressions non saisonnières,
pour lesquelles elle constitue un complément de traitement. Ce traitement
constitue à exposer chaque jour le patient à une lumière blanche (10
000 lux). Cette partie visible du spectre ne comprend pas les rayons
UVA et UVB, elle ne présente donc aucun danger pour la peau. Les deux
premières semaines, les séances se font à l'hôpital, quotidiennement,
afin de déceler d'éventuels incidents secondaires, rares, et évaluer
l'amélioration.
Ensuite on se traite à domicile, avec des appareils spécifiques qu'on
peut soit louer, soit acheter, car le traitement doit se poursuivre
tout l'hiver.
Les soins à domicile
L'exposition quotidienne à la lumière blanche intense dure cinq mois,
à raison d'environ une demi-heure par séance. Il n'est pas nécessaire
de rester immobile, ce qui serait fort déprimant. Avec un banc lumineux
posé sur une table, on peut lire, coudre ou écrire, mais, surtout, sans
lunettes de soleil ! La seule condition est de regarder très régulièrement,
au moins une fois par minute, la source de lumière, car il faut que
la rétine reçoive pleinement cette information lumineuse qu'elle
transmet ensuite au cerveau.
Quant à la formule casque, dont la visière dispense la lumière, elle
permet une plus grande autonomie, mais les conditions demeurent les
mêmes. Les matériels sont vendus entre 304.90 et 457.35 euros environ,
sur ordonnance, mais non remboursable par la Sécurité sociale. Une important
multinationale de matériel électrique propose aussi un appareil en vente
libre, sans ordonnance, destiné à aider aussi ceux qui travaillent la
nuit ou subissent des décalages horaires.
Attention, comme toujours en matière de santé, la prudence est de rigueur.
Il faut avoir la certitude de souffrir d'un "blues hivernal"
et non d'une vrai dépression. Un diagnostic préalable est indispensable
!
Une thérapie éprouvée
Avec maintenant plus de dix ans de recul,
la luminothérapie a fait les preuves de son efficacité. Les incidents
secondaires sont rares et peu inquiétants. Il s'agit surtout de maux
de tête, de fatigue et de picotements oculaires, voire de légères insomnies.
Ces réactions disparaissent généralement après quelques jours. La seule
contre-indication possible est la maladie oculaire (cataracte, glaucome).
A Paris, l'hôpital Sainte-Anne dispose d'un service spécialisé dans
le traitement des dépressions saisonnières. Si vous habitez la province,
le mieux est de vous renseigner soit auprès d'un médecin, soit directement
à l'hôpital.