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LE RAISIN
quel fruit miraculeux ?
 
   
 

Manger du raisin, rien que du raisin, pendant une, deux, trois, quatre semaines ou davantage.
Ou encore : faire trois repas de raisin par jour, plus un repas végétarien frugal. Ces régimes défient, a priori, toutes les règles de la diététique. Et pourtant, la plupart de ceux qui en font l'expérience sont stupéfaits des changements qu'ils voient s'opérer en eux : la forme revient, les kilos superflus s'évanouissent, la constipation disparaît, des maladies chroniques - ulcères, néphrites, entérites, arthrite, etc. - guérissent.
La cure de raisin est connue depuis au moins deux siècles comme une des thérapies naturelles les plus efficaces.
La cure de raisin apparaît, en effet, comme un moyen unique pour régénérer nos organismes agressés en permanence par le stress et par des milliers de polluants.
Avec ses multiples variantes, cette cure peut en effet avoir des objectifs très différents. De plus, elle est agréable et facile à faire sans interrompre ses activités professionnelles.
Nous allons vous guider à travers ce dossier sur le choix de votre cure et vous indiquer comment l'effectuer dans les meilleures conditions.


 
   
 

Les vertus du raisin étaient mentionnées dès l'Antiquité, notamment par Dioscoride, Pline et Galien. Au XVIe siècle, Rabelais écrit : "C'est viande céleste, manger à déjeuner raisin avec fouace fraîche pour ceux qui sont constipés du ventre." Mais il semble qu'aucun médecin, avant le XVIIIe siècle, n'ait recommandé la cure de raisin proprement dite. Le premier à l'avoir fait - à notre connaissance - fut un professeur de médecine de la fin du XVIIIe siècle, Desbois de Rochefort, qui écrivait en 1789 : "Le raisin est, d'après l'expérience de beaucoup de praticiens et la mienne propre, le meilleur fondant de la bile. Il est très bon dans les engorgements des viscères abdominaux, les jaunisses très rebelles, la fièvre quarte avec engorgement du bas-ventre, surtout dans la maladie noire, l'hypocondrie et les maladies cutanées, car c'est un excellent dépuratif ; mais il ne faut pas le donner à légère dose.
La première publication sur la cure de raisin mentionnée dans les bibliographies date de 1840. Il est probable qu'à cette époque les exceptionnelles vertus thérapeutiques du raisin étaient connues du "peuple", mais que la médecine officielle n'en faisait pas grand cas.
La grande époque de la cure de raisin dura au moins trois quarts de siècle, des années 1840 à la Première Guerre mondiale.
A Meran, dans le Nord de l'Italie, non loin de la frontière autrichienne, la tradition de la "cura d'uva" s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui, mais si déformée qu'elle n'a plus qu'une lointaine parenté avec celle préconisée par Desbois de Rochefort en 1789.
Pour ce dernier, il faut faire du raisin "son unique nourriture", et en manger "dix, douze, quinze livres par jour". Le texte de présentation de la cure de raisin distribué de nos jours par l'office de tourisme de Meran dit exactement le contraire : "Faire une cure de raisin ne veut pas dire, comme on le pense souvent à tort, se nourrir exclusivement de raisin, mais l'intégrer dans un régime diététique...) La quantité journalière sera comprise entre 300 g et 1 kg."
Ces deux positions extrêmes illustrent bien l'évolution - en deux siècles - de la cure de raisin telle qu'elle était pratiquée sur le pourtour des Alpes.
Il s'est en effet produit un glissement vers des modalités de moins en moins strictes. Considérée au départ comme une véritable thérapie obéissant à des règles précises, la cure de raisin s'est peu à peu coulée dans le moule des cures thermales, qui. dans la bonne société du XIXe siècle, étaient devenues plus une habitude - voire une mode - qu'une thérapie : on allait "aux eaux", et on en profitait éventuellement pour faire une cure de raisin, mais il ne fallait pas que cela demande trop de sacrifices !
Comment expliquer que, de nos jours, la cure de raisin ne soit plus du tout pratiquée - du moins à notre connaissance - dans aucune des villes d'eau où elle avait connu un si grand succès ?
Les vertus thérapeutiques du raisin, soulignées par des médecins éminents et attestées par de nombreux témoignages, ne sont pas en cause. Il faut donc chercher l'origine du déclin ailleurs, sans doute dans une conjonction de facteurs qui sont apparus à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle :

 
Les premiers succès de la médecine moderne, qui ont largement contribué à l'abandon des thérapies naturelles,
 
 
l'amélioration des transports, qui rendait inutile un séjour sur les lieux de production pour faire une cure de raisin, cela aurait pu faciliter la pratique de ces cures, chacun pouvant la faire chez soi, mais il manquait la mise en condition et l'encadrement médical d'une cure effectuée dans une station thermale,
 
 
la généralisation des traitements pesticides sur la vigne avec des produits dont les résidus diminuaient certainement l'efficacité de la cure et pouvaient même provoquer des intoxications,
 
 
le glissement vers des cures de moins en moins strictes, et donc de moins en moins efficaces,
 
 
la désaffection vis-à-vis des cures thermales en général.
 

 
   
 
Les établissements spécialisés dans la remise en forme des cadres surmenés leur offrent, manière de parler, car ils se font payer fort cher, toute une panoplie de techniques destinées à gommer les effets de la fatigue et du stress. On y trouve pêle-mêle un régime alimentaire "adapté à chaque cas", un programme d'exercices physiques, la relaxation, le drainage lymphatique, des massages de toutes sortes, des bains à remous, du yoga, etc.
Et si la cure de raisin permettait, sans bourse délier et sans abandonner ses occupations, de parvenir au même résultat ?

Le corps revitalisé

"Super-forme", "tonus extraordinaire", "dynamisme", "euphorie," bien-être", ces mots reviennent souvent sous la plume de ceux qui racontent leurs impressions pendant et après une cure de raisin. Il y a, bien sûr, des exceptions, sur lesquelles nous reviendrons. Mais 90% des personnes qui, avant la cure, se plaignaient de fatigue, ont constaté une amélioration, souvent spectaculaire de leur état. Amélioration d'autant plus nette que la cure est longue. En voici quelques exemples :
"Fatigue intense les premiers jours, puis chaque matin l'impression des ailes qui poussent et de la joie de vivre. (C.H)
"Etat physique et psychologique formidable. Même mon entourage s'est rendu compte de ma forme excellente, il paraît que j'étais moins nerveuse, et surtout mes "traits tirés" avaient complètement disparu." (V. R.)
"Malgré la poursuite normale de mon travail (maraîcher), je n'ai ressenti aucune fatigue, à part quelques légers "coups de pompes" de quelques minutes. Impression de mieux-être et de légèreté
Trois semaines après la cure, j'ai toujours l'impression d'une meilleure forme et d'un plus grand dynamisme." (P.)
"Des problèmes d'irritabilité les deux premiers jours. Ensuite une super forme physique et psychique." (J. S.)
"Cure très bien vécue : dynamisme, légèreté (tout me semblait simple), clarté d'esprit et de teint. Plaisir de manger du raisin." (L.D).
Cette impression de bien-être et de grande forme met un certain temps à s'installer : deux ou trois jours chez certains, jusqu'à deux semaines chez d'autres. Elle se prolonge longtemps après la reprise alimentaire à condition que celle-ci soit bien faite, et que l'on ne retombe pas immédiatement dans ses mauvaises habitudes.

Un remède à nos petits maux quotidiens
En dehors des états pathologiques, notre vie est bien souvent empoisonnée par de petits maux apparemment sans gravité, mais aux conséquences insoupçonnées. La cure de raisin s'avère souvent efficace contre eux.

Constipation
La constipation n'est pas considérée comme une maladie. Sans doute à tort, car elle provoque une véritable auto-intoxication de l'organisme. Les médecins du moyen-âge - dont les connaissances étaient beaucoup plus avancées qu'on ne le pense généralement - ne pariaient guère de constipation ; à l'époque, le problème ne se posait guère, l'alimentation étant suffisamment riche en fibres. Ils insistaient par contre lourdement sur un précepte de vie saine que l'on ne retrouve dans aucun ouvrage moderne : lorsque le besoin de vider l'intestin s'en fait sentir, il ne faut surtout pas attendre.
Rappelons à cette occasion qu'il est indispensable, si l'on veut rester en bonne santé, d'aller à la selle au moins une fois par jour. De nombreux spécialistes disent même que l'idéal serait d'y aller deux ou trois fois par jour.
La cure de raisin n'est pas l'arme absolue contre la constipation. Cependant, d'après une enquête menée auprès de 500 curistes de la cure de raisin, 70% des personnes constipées ont constaté, pendant et après la cure, une amélioration de leur transit intestinal. Amélioration qui se prolongeait plus longtemps si la cure était suivie d'une modification des habitudes alimentaires.
Pour les autres problèmes digestifs et intestinaux (colique, gaz, ballonnements, diarrhées, lourdeurs d'estomac), le taux d'amélioration atteint 77%.
Selon le Dr Rey, "c'est dans la constipation que nous trouvons la principale indication du jus de raisin. Il régularise les fonctions naturelles par son action déconstipante, laxative, décongestionnante et même désinfectante. Sous son influence, le ventre devient libre, les selles se régularisent sans diarrhée."

Insomnies
"Cela fait des années que je n'avais pas aussi bien dormi."
Les observations de ce genre reviennent fréquemment chez ceux qui ont fait l'expérience de la cure de raisin. Que l'on dorme mieux pendant la cure, rien de plus naturel : le tube digestif, et avec lui tout l'organisme, est presque au repos, on est moins stressé, on ne prend plus d'excitants. Mais l'amélioration du sommeil se poursuit bien au-delà de la reprise alimentaire.
Quelques curistes se sont plaints du phénomène inverse : ils ont eu des insomnies pendant la ou les semaines qui ont suivi la cure. La cause était presque toujours une reprise mal faite

Problèmes de peau
Comme l'intestin, la peau est un baromètre de notre santé. C'est aussi (avec l'intestin, les voies urinaires et les voies respiratoires) une des quatre voies d'élimination des toxines dont dispose notre organisme. Absorbant moins de substances "encrassantes" ou toxiques (il ne reste que les polluants de l'air, de l'eau et du raisin s'il a été traité), nous en avons moins à éliminer. Sauf si nous en avons accumulé beaucoup dans nos tissus de réserve, c'est-à-dire principalement dans nos graisses, au cours des année précédentes. Dans ce cas, ces toxines repassent dans le sang pour être éliminées, lors de la "fonte" de nos tissus graisseux. Cela peut provoquer quelques désagréments momentanés, notamment au niveau de la peau (éruptions, démangeaisons). Mais, en règle générale, ceux qui font une cure de raisin acquièrent au bout de quelque temps un teint resplendissant.
Les curistes qui avaient des problèmes de peau ont constaté une amélioration dans 80% des cas. Avant de payer cher un nettoyage de peau dans un institut de beauté, pourquoi ne pas essayer une cure de raisin?

Fatigue et nervosité
Parmi les 500 curistes interrogés pour une enquête effectuée par Terre Vivante, les problèmes les plus fréquemment cités ont été. par ordre de fréquence décroissante : la fatigue (citée 103 fois), la nervosité et l'irritabilité (citées 87 fois), les insomnies (citées 79 fois), la constipation (citée 56 fois).
Les taux d'amélioration les plus élevés - environ 90% - ont
été observés pour la fatigue et pour l'irritabilité et la nervosité. La cure de raisin mettant au repos tout l'organisme, le système nerveux est un des premiers à en bénéficier. Chacun le ressent et l'exprime à sa manière :
"Je ne me suis jamais sentie aussi bien que pendant la cure. J étais
loin de tout, pas stressée, un peu "planante" parfois, ce qui était
parfois gênant (impression de ne pas avancer dans le travail), très
lucide, répondant tout à fait à propos aux gens. pas anxieuse." (M. I.)
"La semaine qui suivit la cure. moral et forme excellents, digestion bonne, grande patience avec les autres, sérénité." (P. B.)

Autres petits problèmes
Maux de tête, bourdonnement d'oreilles, nez bouché, yeux qui pleurent sont des manifestations bénignes très répandues. La cure de raisin les élimine ou en réduit l'intensité dans la plupart des cas, même si on constate souvent une aggravation - notamment des maux de tête - pendant les premiers jours de la cure.

Des sens aiguisés
De nombreuses personnes ont noté - à l'issue de leur cure de raisin - une plus grande sensibilité de l'odorat et du goût. Certaines ont également noté une amélioration de leur ouïe et de leur vue.
Grâce à l'affirmement du goût et de l'odorat, on trouve une saveur nouvelle à des mets simples, que l'on jugeait fades avant la cure.

L'adieu aux mauvaises habitudes
Chacun sait combien les habitudes sont tenaces et, plus que toutes les autres, les habitudes alimentaires. On décide - on se le jure - que l'on va manger moins de viande ou de pâtisserie, mais au bout de quelques semaines on retombe dans les mêmes travers. Or il se passe, avec la cure de raisin, quelque chose de curieux. On éprouve naturellement, à l'issue de la cure, le besoin d'une alimentation plus saine et plus naturelle. C'est comme si l'organisme retrouvait, pour un temps, son instinct. Comme s'il savait à nouveau distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais pour lui. Bien entendu, tout le monde ne réagit pas ainsi. Ce serait trop beau ! Mais plus de la moitié environ des curistes de l'enquête menée ont modifié leur alimentation après la cure.
Les changements mentionnés le plus souvent sont :
  1) une moindre consommation de sucreries, de viande, de produits laitiers,
de thé, de café, d'alcool;
  2) une consommation accrue de fruits, de légumes, de céréales, d'aliments crus;
  3) une diminution globale de la quantité de nourriture;
  4) des repas mieux mastiqués et absorbés plus lentement.
  Les changements introduits sont-ils durables ? oui chez certains, non chez d'autres. Sur 80 personnes interrogées six mois après leur cure, 36 continuaient à se nourrir mieux qu'avant la cure.
   
 
   
 

Se borner à constater les effets bénéfiques du raisin ne saurait nous satisfaire totalement. Nous aimerions en effet connaître les constituants du fruit qui lui confèrent ses vertus thérapeutiques, et comprendre comment ils agissent.
La composition chimique du raisin mérite donc que l'on s'y intéresse :
Composition moyenne du raisin (pour 100g)

  Eau : 78 à 82 g
Glucides (principalement glucose
et fructose :
16 à 18 g
Protéines : 0,7 g
Matières grasses : 0,3 g
Sodium : 3 mg
Potassium : 183 mg
Calcium : 15 mg
Phosphore : 20 mg
Magnésium : 9 mg
Soufre : 8 mg
Fer : 0,5 mg
Cuivre : 0,1 mg
Vitamine A : 0,05 mg
Vitamine B1 (thiamine) : 0,05 mg
Vitamine B2 (riboflavine) : 0,03 mg
Niacine : 0,3 mg
Vitamine C : 0,5 à 11 mg
Acide malique : 0,5 à 2 g
Acide tartrique : 0,3 à 0,7 g
Acide citrique : 0,02 à 0,05 g
Acide pyruvique : 0,002 à 0,007 g
Esthers éthyliques : 0,01 à 0,1 g

Apport énergétique : 64 à 72 Kcal.

Ce qui frappe tout d'abord, c'est l'exceptionnel richesse en sucre de ce fruit : il en contient 16 à 18% contre, par exemple, 12% pour l'abricot, 10% pour la pêche. 13% pour la pomme, 7% pour la fraise.
Parmi les fruits frais, seule la figue peut rivaliser avec lui.
Comme la plupart des fruits, le raisin contient très peu de protéines et de matières grasses. Ses teneurs en minéraux et en vitamines se situent dans la moyenne de celles des autres fruits.
Ce n'est donc pas là que réside le secret de l'action spécifique du raisin. Restent les constituants qui ne sont pas pris en compte par la diététique classique : acides organiques (malique, tartrique, citrique, et pyruvique), tanins, anthocyanes, flavones et autres. Sans doute détiennent-ils la clé des exceptionnelles vertus du raisin. Mais ils sont très nombreux et on sait encore peu de choses des effets de chacun d'eux sur l'organisme.

 
 
Pas de cuisine à faire. Manger quand on a faim. autant que l'on veut. chez soi, au bureau, en voyage. Nettoyer son organisme sans renoncer à ses activités habituelles et en conservant la plus grande partie, voire la totalité, de son énergie...
Pas surprenant, au vu de tous ces avantages, que la cure de raisin ait du succès. D'autant que le raisin est un fruit dont, sauf exception, on se lasse difficilement, même si on ne mange rien d'autre pendant des semaines. Et puis, contrairement au jeûne, la cure de raisin ne fait pas peur. Mais une telle cure ne s'improvise pas. Si on veut qu'elle se déroule sans incidents et qu'elle donne les résultats escomptés, il faut en respecter scrupuleusement le "mode d'emploi".

La préparation
Pour réussir une cure de raisin, il faut s'y préparer :
 
Le meilleur moment est évidemment la pleine saison du raisin. Mieux vaut commencer tôt - dès que l'on trouve facilement du raisin bien mûr et à des prix abordables - pour éviter d'avoir à cesser la cure faute de raisin, ou avec du raisin d'origine incertaine. Une autre bonne raison pour commencer le plus tôt possible est que l'on devient souvent frileux pendant la cure. Septembre sera donc plus agréable qu'octobre.
Faire la cure au printemps avec du raisin du Cap ou d'Australie est formellement déconseillé car l'automne est la saison normale pour effectuer cette cure. La faire avec du jus en bouteille est un pis-aller.

 
 
Faites une provision de raisin pour au moins quelques jours. Rien de plus frustrant que de vous trouver sans raisin parce que votre fournisseur habituel n'a pas été livré. Choisissez, bien entendu, du raisin de culture biologique, ce qui vous permettra d'avoir un raisin qui n'a reçu ni d'engrais chimiques ni de pesticides de synthèse. A défaut, vous pouvez vous rabattre sur du raisin courant, mais lavez-le très soigneusement, dans plusieurs eaux.

 
 
Le choix des variétés a son importance. Les auteurs du XIXe siècle recommandaient de consommer du raisin blanc, et en particulier du chasselas. Les autres variétés citées à l'époque ont disparu du marché. Les raisins noirs, considérés comme constipants, étaient préconisés en cas de diarrhée.
L'expérience des curistes contemporains a confirmé que le
chasselas était la meilleure variété, en raison de la finesse de sa peau et de sa teneur en sucre équilibrée (il est sucré, sans l'être trop).
Certains curistes ont également aimé le
muscat, souvent en alternance avec le chasselas. Les raisins à peau épaisse, comme l'Italia sont moins appréciés et obligent généralement à recracher une partie des peaux. L'Alphonse-Lavallée, essayé par un certain nombre de curistes, fait presque l'unanimité contre lui.
On veillera à ce que le raisin soit bien mûr. Le raisin peu mûr est laxatif et peut provoquer l'irritation de la muqueuse buccale. Par contre, un raisin trop mûr pourrait, dans certains cas, favoriser la constipation (surtout s'il s'agit de raisin noir).

 
 
Dès le 1er jour de votre cure et les suivants, afin de nettoyer au mieux vos intestins, mangez également des pommes ou buvez du jus de pomme.

 
 
Soignez la préparation psychologique de la cure. C'est un facteur essentiel de la réussite. Considérez la cure comme une aventure, une occasion pour mieux vous connaître, sur tous les plans.
Si vous la voyez comme une corvée, un mauvais moment à passer. mieux vaut ne pas la tenter, car elle aura effectivement de bonnes chances d'être pénible et, qui plus est, sans grand effet.
Si vous vivez "sur les nerfs", si votre agenda est rempli de déjeuners d'affaires, reportez à plus tard votre cure... ou les déjeuners.
Sondez votre entourage, et préparez-le à cette "folie" dans laquelle vous allez vous lancer. Faites-lui lire ce dossier et glissez dans la conversation, mine de rien, que tel de vos amis a retiré d'immenses bienfaits d'une cure de raisin.
Et si vous voyez qu'il n'y a rien à faire pour convaincre votre entourage, réfléchissez-y à deux fois avant de vous décider : devoir affronter l'hostilité ou l'ironie de ses proches ne facilite pas la cure.

 
 
Si vous en avez le courage et la possibilité, jeûnez pendant les deux jours précédant le début de la cure. A défaut, mangez plus légèrement, en éliminant la viande, les plats indigestes, les boissons alcoolisées, le café, le chocolat.
 
 
   
 
Le premier jour
Commencez doucement par un repas dans la journée uniquement composé de raisin. Les autres repas devront être légers, et vous pouvez manger en complément des pommes afin de drainer vos intestins.
Fiez-vous à votre instinct et à votre appétit, sans vous préoccuper du reste. La seule chose à éviter est de manger une trop grande quantité en une seule fois, et de vouloir conserver le rythme habituel des trois repas par jour.
Si, dans le courant de la journée, vous avez soif, buvez de l'eau ou une infusion non sucrée.

La seconde journée et les suivantes :
Les journées suivantes ne diffèrent pas sensiblement de la première. Il est recommandé de continuer à consommer des pommes ou à boire du jus de pomme. Les deux premiers jours sont presque toujours les plus difficiles. Ils s'accompagnent souvent de maux de tête et d'un état de grande fatigue. Ne vous découragez surtout pas. A partir du troisième jour, l'organisme prend son rythme et, en général, la forme revient.
La quantité de raisin à manger chaque jour dépend de l'appétit de chacun. Si on ne dispose que de raisins à grosses peaux, on pourra recracher une partie des peaux. Mais il est souhaitable d'en avaler une certaine quantité, car elles fournissent les fibres indispensables au bon fonctionnement de l'intestin.
Le rythme de vie à adopter pendant la cure varie beaucoup d'un individu à l'autre. Si vous continuez à travailler, ce rythme vous sera plus ou moins imposé, mais essayez d'éviter les travaux trop fatigants, les journées trop stressantes et les heures supplémentaires. Essayez de saisir cette occasion pour vous coucher plus tôt, ce que l'organisme réclame souvent de lui-même.
Votre corps aura un temps d'adaptation à ce nouveau régime, ce qui pourra s'accompagner de manifestations déplaisantes.
Quelques désagréments et comment y remédier :
Quatre symptômes sans gravité reviennent assez souvent chez les curistes surtout au début : la fatigue, les maux de tête, les nausées ou vertiges, la frilosité.
- La fatigue est une réaction normale des organismes dopés en permanence par des stimulants. La réduction de l'apport calorique conduit inévitablement à une moindre résistance à l'effort physique. Cette forme de fatigue est tout à fait naturelle, il suffit de réduire la durée et l'intensité de l'effort pour éviter qu'elle ne soit trop pénible. Certains curistes ressentent un état de fatigue plus profond, indépendant de l'activité physique. Quelques-uns, peu nombreux, se plaignent de s'être "traînés" pendant la cure. Il s'agit souvent de personnes surmenées, la suppression des aliments et des boissons stimulants les contraint à vivre au ralentit pendant la cure.
- Les maux de têtes sont relativement fréquents les premiers jours. Ils disparaissent en général spontanément. Un remède efficace pour les soulager est de boire un verre d'eau chaude.
- Des nausées et des vertiges peuvent également survenir. Les seuls remèdes sont l'eau chaude on froide, et le repos.
- La frilosité est une réaction très fréquente, constatée également lorsqu'on jeûne. On prévoira une couverture de plus pour la nuit et des vêtements suffisamment chauds pour la journée.
Des crises d'élimination peuvent, dans certains cas, perturber momentanément le déroulement de la cure. Elles se traduisent selon les individus, par un rhume, un accès de fièvre, une éruption cutanée, des douleurs articulaires, une langue chargée, parfois une crise d'hémorroïdes. Ce sont des réactions normales, provoquées par la libération dans la circulation sanguine, en vue de leur élimination, des toxines accumulées dans l'organisme (déchets du métabolisme, résidus de pesticides, polluants divers).

La reprise alimentaire : une période cruciale

C'est bien connu pour le jeûne : il suffit d'une reprise mal faite, c'est-à-dire pas assez progressive, pour en voir s'évanouir tous les bienfaits. Et même pour avoir de sérieux ennuis : mal de ventre, accès de fièvre, crise de foie. etc.
Après une période de mise au repos, le tube digestif, et l'ensemble de l'organisme. doivent en effet se réadapter à une alimentation normale. La réadaptation est d'autant plus lente que la cure, ou le jeûne, aura été plus longue. Insistons sur le fait qu'une bonne partie des échecs et des problèmes rencontrés lors de cures de raisin est due à une reprise mal faite. Des personnes ayant effectué une reprise alimentaire, trop rapide ont été victimes d'accès de fièvre, de diarrhées, de maux de ventre, etc.
Pourquoi la reprise est-elle si difficile ? Tout simplement parce que, après un certain temps sans manger autre chose que du raisin, on a un appétit d'ogre et une envie insatiable de manger de tout, tout de suite et beaucoup ! Même lorsqu'on a beaucoup de volonté, il est très difficile de résister.
On commencera par réintroduire des fruits et des légumes (crus ou cuits), puis des produits laitiers à digestion facile (yaourt, fromage blanc), de petites quantités de céréales et de poisson, la viande, les palts en sauce, le thé, le café, le chocolat, pour ceux qui en consomment, seront introduits en dernier.

Calendrier type de reprise après une cure de raisin d'une semaine :
 

Cure durée 1 semaine

1er jour
raisin + autres fruits crus

2e jour

fruits frais, fruits secs (après trempage),
légumes, yaourt, un peu de pain complet.
3e jour
comme le 2e jour,
plus des céréales, du fromage,
éventuellement un peu de poisson
4e jour
alimentation normale
5e jour
6e jour
alimentation normale
7e jour
8e jour
9e jour
alimentation normale

Dix conseils pour tirer le maximum de profit d'une cure de raisin :

Prévoir, dans la mesure du possible, une période et un environnement humain favorables (stress et conflits réduits au minimum).

 
 

Manger légèrement pendant les deux jours précédant le début de la cure (l'idéal est de jeûner, surtout avant une cure longue).

 

Manger ou buvez sous forme de jus des pommes dès le premier jour de la cure.

 
 

Choisir le raisin de culture biologique bien mûr. Prendre 2 ou 3 variétés, pour rompre la monotonie (dont, si possible, du chasselas). Eviter les variétés à grosses peaux. Bien laver le raisin avant de le manger.

 

Manger à sa faim, sans se restreindre ni se forcer. Répartir la quantité journalière (1 à 2 kg en moyenne) en 6 ou 7 petits repas.

 
 

Avaler une partie des peaux et des pépins, sans mâcher ces derniers.

 

En cas de dégoût du raisin, cesser d'en manger jusqu'à ce que l'appétit revienne.

 
 

Faire chaque jour un peu d'exercice (marche, vélo, jardinage, bricolage, sport non violent)..

 

Reprendre très progressivement l'alimentation après la cure.

 
 

Pour les cures longues, il est vivement conseillé d'être suivi par un médecin.
Nous vous recommandons d'ailleurs vivement d'effectuer une cure de raisin d'une durée maximale d'une semaine; cela est déjà très efficace et largement suffisant.

 

CONCLUSION

 
Le raisin est décidément un fruit fascinant. Il serait sans doute déplacé de faire ici l'éloge du plus célèbre des produits auxquels a donné naissance — le vin — même si, n'en déplaise aux buveurs d'eau, la fermentation du jus de raisin est quand même une belle invention, dès lors que l'on sait en user avec modération. Mais le raisin a bien d'autres usages. Séché, c'est un aliment idéal pour les sportifs et un précieux ingrédient pour les desserts, où i1 peut remplacer le sucre, et pour bien d'autres préparations culinaires.
Concentré par évaporation, le jus de raisin permet de préparer le raisiné, excellente confiture dans laquelle toute adjonction de sucre est inutile. Quant au marc de raisin, ce qui reste après l'extraction du jus, il donne naissance, associé au navet, à une surprenante «choucroute» que l'on peut encore déguster dans le Frioul, au nord de la Vénitie.
On ne peut parler du raisin sans évoquer la vigne et admirer sa vigueur et sa rusticité exceptionnelles, qui lui permettent de prospérer sur des terrains arides et pentus, où toute autre culture serait impossible. Elle sait aussi recouvrir de ses lianes et de son feuillage des tonnelles d'où pendent à l'automne des grappes gorgées de soleil qui incitent... à la cure de raisin.
Tonnelle, treille palissée le long d'un mur ou vigne plantée sur un coteau bien exposé, chacun produisait, jadis, son raisin. Pour en faire du vin, le «jus de la treille», comme on l'appelait autrefois, mais aussi pour le manger frais. Même dans un jardin familial, il est rare que l'on ne puisse trouver un endroit où faire grimper deux ou trois pieds de vigne. Cueillir et déguster sur place, comme au siècle dernier, sa première grappe de raisin de la journée, encore couverte de rosée, redevient alors possible.

Sources : "Terre Vivante", "Bio contact".




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